Ma Tante Agathe mangeuse de mots

Dispositif  d’intervention  artistique de proximité

 

A l’origine, « Ma tante Agathe » est une tente de lecture cousue et aménagée. Son espace réduit (2m / 2m), son enveloppe de toile parsemée de tapis et de coussins colorés en font un cocon intime et rassurant, propice à la rencontre,  l’échange émotionnel  et  l’écoute des histoires. Néanmoins, le principe de  « Ma tante Agathe », la rencontre à travers l’animation autour du livre, peut se décliner, s’effectuer hors tente et s’adapter à d’autres espaces.

 

 

 

L’auditeur  vient passer un moment sous la tente (env. 15 minutes selon sa capacité d’attention) seul ou par trois maxi, accompagné d’un adulte encadrant, selon son âge.  Ma tante Agathe s’adresse à des individus également non-lecteurs, ou sans langage.

 

 

 

C’est une invitation  à explorer des thématiques diverses et variées, les émotions, les autres, les préoccupations existentielles, les événements du calendrier, les animaux, les éléments etc. de manière interactive.

 

Cette intervention  mêle l’animation de livres jeunesse introduits par des objets variés et manipulés, pantins articulés, ombres chinoises, image vidéo, la diffusion de sons qui suscitent l’imaginaire, permettent la transposition symbolique et l’expression émotionnelle du spectateur.

 

Les ouvrages de prédilections sont des livres albums, aux illustrations créatives et colorées où la poésie côtoie l’humour et la tendresse. Grâce auxquels on joue avec les mots et les images, avec la fiction et la réalité. Des livres récits qui ouvrent des espaces, permettent la distance avec les maux ou au contraire de se retrouver en s’identifiant, de découvrir… Des livres à regarder, à toucher, à sentir, à chanter qui stimulent les sens et l’éveil.

 

Fin de la séance chez Ma tante Agathe

 

 

 

 

 

Propos sur les lectures à voix haute sous tente.

 

Delphine Delafosse comédienne- marionnettiste-lectrice

 

 

 

 

 

La lecture est par essence une activité intime. Un voyage dans son monde intérieur, véhiculé par les pensées de l’auteur de l’ouvrage consulté.

 

 

 

La lecture à haute voix est au confluent entre cet acte d’ordinaire solitaire et l’art de la représentation théâtrale. Mais ici pas d’incarnation de la comédienne dans un personnage, pas de décor. La traduction des éléments du récit se fait dans la tête de l’auditeur au grès de son imaginaire, de sa réflexion, de sa fantaisie. Il s’agit de faire le lien entre les pensées de l’écrivain et l’auditeur. Mettre en voix ces pensées. Nous touchons là à la tradition orale. L’oralité constitue l’espace essentiel de la communication, le moyen d’accéder à l’élaboration du langage.

 

Une situation de lecture à voix haute rassemble, permet la rencontre.

 

Choisir de donner ces lectures dans un espace confiné tel qu’en tente intensifie ce moment de rencontre. Espace clos préservé du rythme du quotidien. Bulle où les mots échangés différent du langage utilitaire ou de soin. Où l’on côtoie la poésie, la tendresse et le plaisir, détaché de la volonté d’éducation, de distraction primaire ou le misérabilisme.

 

Un espace minuscule qui ouvre des espaces, celui de la pensée, de l’imaginaire, de la transposition symbolique des maux, des sensations.

 

La voix qui lit n’est pas la même que la voix parlée. Lorsqu’on lit on est dans l’émotion, on est dans le livre. La communication de son état émotionnel fait la richesse de l’échange. Il s’agit de s’émouvoir ensemble, être curieux, s’interpeller grâce au livre.

 

Ma tante Agathe hors les murs

 

 

 

Installé confortablement, l’auditeur est laissé libre de réagir à ce qu’il entend et voit. Corporellement, verbalement, de toucher, de montrer. La relation est spontanée et varie dans la durée en fonction de la capacité d’attention de l’auditeur, ou l’expression de ses états d’âme. Il s’agit pour moi d’être dans une écoute attentive et la reconnaissance accrue de la spécificité de l’autre. La qualité de l’échange est possible grâce au nombre limité d’individus accueillis, à son caractère quasi exclusif.

 

 

 

Le rythme, le son de la voix, la présence physique sont autant d’outils aiguisés au service d’une « racontée d’histoires ». Celle-ci s’élabore selon des associations libres d’éléments, image, comptine, récit, mais également diffusion de sons, manipulations d’objets de toutes sorte…Joue et jongle avec  les supports, s’absout de l’obligation de lire un livre de la première à la dernière page. Suit le fil conducteur de thématiques, explorant des styles et des illustrations variées et complémentaires.

 

La qualité et la diversité graphique des ouvrages choisis permettent de dépasser la barrière de la difficulté du langage. Mais souvent le texte, les images, les objets ne disant pas la même chose, ils s’enrichissent mutuellement.

 

Delphine Delafosse